mourir à ostende
longtemps j’ai voulu voir ostende, surtout les chevaux de la mer qui fonçaient la tête la première fracassaient leur crinière devant le casino désert, comme le dit la chanson. pourtant, après deux jours passés à ostende, je sais désormais que c’est ma vie qui risque de s’y fracasser plutôt que des poils d’équidés. je l’ignorais du reste encore hier au soir lorsque, en compagnie de mara dans ce café donnant sur la wapenplein, je commençai à mélanger modes et temps, lui déclarant ainsi tout à trac que hier je me coifferons comme pierre arditi, approximations dignes d’un élève de terminale scolarisé dans un lycée public, et auxquelles je ne prêtai pas, dans l’instant, une attention particulière ceci d’autant plus que la blonde dans le dos de mara se retrouva soudainement les quatre fers en l’air dans un bruit de tonnerre, tractée par son chien tenu en laisse qui désirait mordre un enfant rougeaud. la soirée avançant j’employai un mot pour un autre à plusieurs reprises, faisant ainsi connaître à mara mon désir d’aller assister le lendemain au lever du waterzoï sur la plage ou bien encore m’enquérant des qualités gustatives de sa baignoire ce qui ne manqua pas de faire naître chez mara une certaine inquiétude. à l’heure où mara, encore elle, dormait paisiblement depuis longtemps, son inquiétude étant manifestement toute relative, bercé par son souffle régulier, je dénombrais les petites décharges d’électricité dans ma tête comme on compte les moutons, anticipant une rupture d’anévrisme et regrettant de lui causer grande frayeur et tracas administratifs lorsqu’elle me trouverait raide et froid le matin venu, mort à ostende dans un hôtel assez bon marché. il était pourtant écrit que je verrais finalement le hier qui lui-même me verrait me coifferons comme pierre arditi, manière de fêter la bonne tenue des artères de mon cerveau et gentil pied de nez à la mort, laquelle avait, pourtant, manifestement, toujours pour projet de faire de la flandre occidentale mon tombeau. d’humeur badine, pensant avoir vaincu l’invincible, je me rasai avec application, à l’exception d’un fin trait de poils juste au dessus de la lèvre supérieure tel un hildalgo, un don spermito de la vega, avant d’aller à la selle. au moment de tirer la chasse j’avisai du sang dans la cuvette, j’avais chié du sang des litres de sang sans même le remarquer, j’avais à peine survécu à une rupture d’anévrisme que mes entrailles me lâchaient. je n’en dis rien à mara pour ne point l’inquiéter mais ne pus lui dissimuler bien longtemps, alors que nous prenions le repas de midi, des moules au vin blanc, la douleur dans mon épaule droite et l’engourdissement des doigts de ma main gauche. ce serait donc une attaque cardiaque, j’en avais pris mon parti et donnait les dernières consignes à mara lorsque, le soir, au lit, je devins aveugle. l’atroce et soudaine sensation de brûlure aux yeux me fît hurler, me tortillant, crache moi dans les yeux putain j’ai mal ça brule mais crache je n’ai pas de larmes et malgré les soins que me prodigua mara au moyen d’un liquide plus adapté que ses glaires, je demeurai aveugle jusqu’à ce matin. je ne sais pas ce que me réserve la ville aujourd’hui, tout ce que je sais c’est que je vais très probablement mourir à ostende, qui est au demeurant un bel endroit pour mourir. j’aurais voulu m’appliquer pour ce qui sera peut-être mon dernier billet mais je dois écrire dans l’urgence, je sens la paralysie gagner mes avant-bras et je comprends tout à coup pourquoi il y a tant de fauteuils roulants dans les rues d’ostende.




novembre 10th, 2008 at 23:49
Cher Spermy, je vous en prie, dites-moi comment ont été vos selles de ce jour ?
novembre 11th, 2008 at 10:13
Houlàlà, ça doit être l’air d’Ostende qui est toxique, à mon avis, il fallait que tu arrêteras de respirer pour ira mieux (et surtout pas mourir).
Où alors rentrer vite à la maison, aussi.
novembre 11th, 2008 at 14:49
La solution quand on ne met pas de majuscules, bâtir le moins de phrases possible. On te souhaite une bonne résurrection. Outre le plaisir de te lire, je passais ici parce que je t’ai tagué … Cette affreuse coutume. Si tu ne réponds pas, un terrible sort tombera sur toi : toutes tes conquêtes amoureuses deviendront fan de Mike Brandt, ton chien aura des puces et ta thèse sur les hémorroïdes ne décochera pas un très bien pourtant mérité.
novembre 11th, 2008 at 14:50
je précise que j’ai tapé les majuscules… très drôle !
novembre 12th, 2008 at 2:15
juste grandiose et fuck moi tes “capello branleurs organisateur de café philo de mes couilles” (oui, encore saoul).
novembre 12th, 2008 at 15:37
zo : je n’ose le dire et puis on ne parle pas de ses selles à une femme, cela serait quelque peu cavalier (il y a une astuce, je le mentionne pour les plus lents d’entre nous).
audine : à votre maison, vous voulez dire ? cela dépend de ce que vous aurez préparé pour le dîner.
ptit slave : vous avez remarqué, pour les majuscules. c’est pour faire chier ceux qui critiquent le fait que je n’écrive qu’en minuscules. on fait moins les malins maintenant, hein. concernant votre chaîne de blogueurs, je vous remercie d’avoir pensé à moi mais elle est bien trop intelligente.
miss monde : vous pensez bien que c’est fait.
novembre 12th, 2008 at 16:12
Excellente l’astuce (que j’ai mis 10mn à comprendre, je l’avoue…)
novembre 12th, 2008 at 16:17
Votre article est très beau, mon cher Spermy, sincèrement, je suis de tout coeur avec vous, je suis sûr que vous allez vous en sortir et triompher de votre homosexualité, et sans doute, alors, laisser les femmes des honnêtes gens tranquilles.