spermy contre le monde

peggy sastre

la nuit dernière j’ai rêvé que j’éjaculais sur le visage de peggy sastre. puissamment et abondamment. celles qui me connaissent intimement réfrèneront un cri de surprise à la lecture du premier de ces deux termes. il est en effet de notoriété publique parmi les trois femmes avec qui j’ai eu des rapports sexuels que je distille lamentablement mon liquide séminal plutôt que je ne le projette. et pourtant, dans mon rêve, je refaisais bien une beauté à peggy sastre, c’est peu de le dire, peter north ne l’aurait pas reniée, cette beauté, mais pourquoi elle, pourquoi peggy sastre, ma pegito. je ne l’ai même jamais rencontrée, tout au plus ai-je eu l’occasion de contempler son visage vaguement ingrat et sa coupe de cheveux playmobil sur un ou deux sites dits sociaux. certes nous arrive-t-il d’échanger quelques propos racistes et de maudire quelque fossoyeur de la culture en général grâce à la magie du réseau des réseaux, mais rien ne semblait la prédisposer à faire les frais de mon onirique affection. ce rêve, très agréable au demeurant, du moins pour moi, était accompagné d’une bande originale, for the babies, de damian marley. je n’ai de cesse, depuis ce matin, de m’interroger sur la signification dudit rêve, si vous avez des tuyaux pour m’aider à pénétrer mon subconscient, n’hésitez pas. si d’autres faisaient ce rêve, il me semble important de palier à la carence de google, qui jusqu’ici ne renvoie aucun résultat probant sur la requête peggy sastre ejac faciale. vous n’êtes plus seuls. venez en parler.

marathon man

j’attaque le premier virage lorsqu’il me double, et je me rends compte que putain oui c’est le pharmacien le nouveau mec de lisa, je reconnais sa tête de con et suis satisfait de constater combien sa foulée est peu élégante mais il me double quand même cet enculé. j’accélère légèrement et reviens à sa hauteur, ôte ma casquette afin de libérer ma belle crinière blanche de félin lancé à pleine vitesse dans la savane, un guépard disons, afin qu’il me reconnaisse à son tour, et comme pour lui dire t’es plus derrière ton comptoir à vendre tes crèmes contre les hémorroïdes hein salope on va voir ce que t’as dans le ventre maintenant. j’ai à peine le temps de voir dans son regard qu’il me remet et comprend le sens de cette puérile provocation, non, de ce duel de gentlemen dont l’un cependant vend des solutions aqueuses contre les mycoses. je baisse le volume de mon baladeur numérique afin de pouvoir mesurer à l’oreille la distance qui nous sépare et de parer à l’éventualité d’une fourbe accélération dans mon dos, mais trop tard, il est déjà à ma hauteur, je lui laisse cependant bien volontiers quelques mètres d’avance tandis que je change la bande originale de ma course en abandonnant mike brant pour quelque chose de plus guerrier de plus rythmé tenez fatboy slim par exemple, c’est de circonstance, et c’est sur le fameux fucking in heaven qu’oubliant mes douleurs naissantes je prends la tête de la course contre l’apothicaire dès l’entrée du second virage, tête que je conserve au moins trois minutes, creusant l’écart du mieux que je peux, jubilant intérieurement comme extérieurement, les gens que je croise dans la ligne droite qui mène à l’entrée du parc s’étonnent de voir couler des larmes de joie sur mes joues rougeaudes, ce sont les larmes de la victoire qu’on arrache au prix d’un dépassement de soi ultime et magnifique, je me retourne avant de sectionner le ruban de la ligne d’arrivée de mon torse bombé, et vois qu’il me rattrape j’accélère encore, je souffre, mes jambes ne sont pas loin d’être tétanisées ma vue se brouille mon coeur me fait mal, je ne peux plus, il se rapproche le souffle me fait défaut le point de côté pointe à mon côté merde l’enculé parvient à ma hauteur sans forcer, il me jete un regard amusé et me décroche un petit sourire ironique, puis je vois son cul se tortiller dans son survêtement blanc, il devient de plus en plus petit alors que je crache, à l’arrêt, mains sur les hanches et jambes écartées, un mélange de salive et de bile. je lève un poing rageur je vais la racheter ta pharmacie de merde et on verra ce qu’on verra, je crie, tandis que le vent cingle mon visage défait et que je tombe à genoux, crâne incliné, les graviers roulant sous mes paumes, recroquevillé sur ma douleur, trahi par mon corps, enfin, mon point faible entre tous.

mon coeur est un steak

enfoncé dans mon fauteuil de velours rouge, je regarde la serveuse aux yeux étranges, aux cheveux étranges, au nez étrange, tout ceci étrangement mélangé jusqu’à la faire ressembler à une dame du moyen-âge. elle m’apporte un café et me gratifie d’un moyenâgeux sourire au moment de le poser sur ma table, avant de s’éloigner en fredonnant, probablement un motet. elle fredonne souvent, peut-être est-elle est heureuse en amour avec un connard de chevalier de la table ronde, moi et ma table carrée bon sang, qu’y puis-je, quadrature du cercle. je ne la croise plus que rarement à présent qu’elle ne travaille plus le dimanche. je me saisis de la note coincée sous mon petit verre d’eau et griffonne au dos un petit poème, pas une chanson de geste, non, je ne m’appelle pas roland, spermy c’est bien suffisant.

dans ma poitrine
il y a un steak
depuis
que tu ne chantes plus
pour moi
ce steak
est un steak tartare
le plus cher de la carte
car il a fallu des nuits
sans toi
pour le hacher menu
les capres
ce sont mes larmes
et le tabasco
ma jalousie
je bois
beaucoup
des bloody mary
pour continuer de faire battre
mon steak
ce vampire

mon écriture est illisible, mon poème est culinaire. j’en suis satisfait. j’avance la lecture d’un roman de chardonne, prends quelques notes pour jouer les sérieux, puis je sors après avoir laissé quelques pièces sur la note retournée. du dehors, j’avise un garçon de café fort laid abimé dans la lecture de mon poème avant de le chiffonner d’une main, hochant la tête. lisa, c’est son nom, à elle aussi, a terminé son service avant même de débarrasser ma table et s’éloigne déjà. cela fait deux fois que je lui laisse ma carte pour la photographier, sans succès. je ne saurai jamais si mon poème aurait pu la faire changer d’avis. il est froissé dans la paume d’un autre, elle ne travaille plus le dimanche. le serveur croit que je l’aime, lui qui travaille chaque dimanche.

culture française

simiesques et lippus, couvre-chef de guinguois et pantalon à mi-fesses, ils vibrionnent et s’invectivent, je crois, mais allez savoir, devant le rayon arènebi. je fends leur troupeau mauvais, les abominant, afin me rendre au rayon littérature française de ce grand magasin culturel où l’on ne semble pas connaître jules renard et encore moins le journal qu’il tint. sur le rayonnage, à la lettre R, point de goupil mais des ron l’infirmier en pagaille qui me feraient craindre quelque fatal vertigo si l’invasion de levymusso et autres ouvrages pour gitons ne m’avait pas d’ores et déjà laissé stupide, chancelant, à peine doté de la force de repartir un romain gary en poche, en deuil et le coeur gros comme celui d’un marathonien.

journal photographique

mon séjour à ostende et quelques conversations m’ont donné envie de tenir à nouveau un journal photographique. peut-être qu’il comprendra plus d’une dizaine de photos, cette fois. ici représentée, la plage d’ostende sans les filles du bord de mer, en même temps elles auraient eu froid les pauvres.

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