spermy contre le monde

merd 2.0

on nous aura bien fait chier avec le web 2.0 par-ci, web 2.0 par là, mais, assez étrangement d’ailleurs, personne, à ma connaissance du moins, n’a relevé le fait que le pire qu’il ait engendré ce ne sont pas ces services crétins et autres conférences merdiques qui sont respectivement en fin de vie et en train de changer de nom, ça c’est fait, non, la pire engeance du web 2.0 ce sont les merd 2.0, ces connards et leurs nuages de tags à la con qui font chier avec leurs tests de iphone de n95 leurs vidéos débiles et mal montées et leurs soirées sponsorisées par des marques, liste non exhaustive veuillez le noter je vous remercie bien bas. alors voila je revendique la paternité de l’expression merd 2.0 et je dis qu’il faut les fusiller car ce sont de petites hétaïres et des merdeux. après l’anti-blogroll et le merd 2.0 je pense que la preuve est faite que je suis un génie et un grand penseur de mon temps vous avez de la chance de pouvoir me lire vous qui n’êtes pas en mesure de déployer un tel sens critique. mais non je ne suis pas le messie. tout de même.

fourmis

depuis mon bureau je contemple à longueur de journée un type au physique myrméen ne lui manquent que les antennes, véritablement. enfant, j’ai assassiné tant de fourmis qu’il me coûterait, à présent que cette guerre ridicule et inégale est terminée, de ne pas entretenir d’excellentes relations avec lui. j’aimais l’odeur de l’acide formique projeté rageusement par des dizaines de minuscules abdomens lorsque armé d’une bouteille de plastique vide, je les disloquais sur un coin de bitume, un pan de mur ou n’importe quel autre champ d’honneur dont l’emplacement était déterminé par les circonstances. il m’arrivait parfois d’abandonner l’artillerie lourde au profit d’actions de nature plus psychologique, je mélangeais alors dans un contenant transparent quelconque toutes sortes de produits domestiques, eau de javel, écarlate, savon liquide, shampoing, puis j’y plongeais une guerrière distinguée pour sa bravoure au combat. la mixture remplissait parfois si bien son office que la soldate décédait instantanément puis sombrait lentement, antennes rabattues, vers le fond du bocal. je replaçais alors la dépouille au beau milieu du champ de bataille, parmi ses colégionnaires survoltés, comme pour leur signifier que c’était bien là le sort qui les attendait s’ils ne se soumettaient pas. il m’était du reste difficile de récupérer le corps dans le bocal et je m’y appliquais à l’aide d’un bâton en me remémorant les proportions utilisées pour la confection d’une arme chimique si redoutable. j’optais tout aussi bien pour la guérilla quand le terrain s’y prêtait, fourrageant allègrement dans la terre meuble qui abritait telle fourmilière, mettant les oeufs à nu et observant avec un plaisir mêlé de satisfaction l’agitation qui en découlait de même que j’admirais l’organisation sans faille qui conduisait au renfouissement rapide et inlassable des guerrières à naître. j’apporte souvent un café au type qui ressemble à une fourmi que je vois depuis mon bureau, je m’enquiers souvent de sa santé, je tente de devancer ses désirs. il pense que je suis gay. je suis simplement rongé par le remords et hanté par le souvenir de mes crimes passés.

je cours

je cours plus souvent, plus longtemps, je cours comme morticius mais moins souvent, moins longtemps. je cours le soir il fait sombre dans le parc jonché de feuilles mortes qui sentent comme les litres de tisane que je m’envoie le soir pour oublier mon envie de picoler - ça ne marche pas. je cours lentement au milieu de l’automne qui a de la gueule tout de même, tout le monde me double, surtout des femmes. parfois je songe à faire semblant de trébucher pour me rattraper à leur cul humide au moment où ces salopes me dépassent, ou bien encore à mimer une crise cardiaque dans le le but de peloter leurs seins - souvent petits - qui bondissent, bien durs comme des balles de soft-ball, malgré leur soutien-gorge décathlon prévu pour le sport. j’aimerais qu’une de ces chiennes qui me doublent s’évanouisse histoire que je puisse la traîner jusque dans les fourrés et regarder sa chatte ou mieux encore me branler sur elle, signant mon forfait d’une belle giclée en travers de ses vêtements ou de son visage, voila ce que je pense en courant de plus en plus souvent, de plus en plus longtemps, je pense également à la guiness balafrée par un shamrock imparfait - n’est pas nefisa qui veut - que je boirai dimanche, mais je pense avant tout à me branler sur des filles évanouies dans les fourrés et à leur gicler en travers de la gueule il me faut bien l’avouer.

un gastéropode au milieu des lapins de garenne

j’ai passé une sale nuit je n’ai pu dormir avant que le matin ne pointe sa gueule de con tout illuminé et ce mauvais sommeil a été émaillé de cauchemards horribles, dans l’un d’eux une personne n’aimait pas mon sac de voyage kenzo dans l’autre je ne pouvais plus éjaculer dans un troisième mes jambes ne me portaient plus il y a peut-être un lien entre tout ceci mais je m’en balance, le résultat est là j’ai ce jour de l’électricité dans la tête et je suis épuisé, je vis au ralenti. les gens autour de moi évoluent à une vitesse normale parlent et rient normalement s’activent s’affairent et moi je me meus au ralenti comme dans un vidéo-clip des années quatre-vingt je suis comme un gastéropode au beau milieu d’une bande de lapins de garenne. je suis si lent que je manque de m’endormir en remontant mon pantalon aux toilettes on dirait un batard de la poste. sous mon crâne tout se passe au ralenti également mon cerveau est un cerveau de gastéropode à tel point que si je vivais au bord de la mer j’éviterais le port pour ne point être pêché. je parle lentement, mon corps percute lentement tous les les mûrs et j’ai des putain de décharges électriques dans mon cerveau gastéporodique, heureusement qu’il pleut je vais pouvoir progresser plus vite jusqu’à chez moi comme un gentil mollusque, en espérant que je ne vais pas m’électrocuter avec toute cette eau et toutes les décharges dans ma tête.

avant-goût du bonheur

elle me dit je cherche le bonheur je lui réponds jette un oeil à ma queue tu auras déjà un avant-goût elle répond juste beurk, sale pute, faire le bonheur des gens n’est décidémment pas toujours facile surtout quand ils ne le voient pas, là, juste sous leur nez. je suis encore en retard je pisse dans le lavabo tout en me brossant les dents pour récupérer quelques precieuses secondes mais c’est inutile puisque une formidable envie de chier me prend, je chie des bouts de pomme en lisant le journal de pascal sevran ce n’est pas in comme lecture mais je fais un in and out dans le cul de ceux qui critiquent sans savoir. j’adore la façon dont les petits bouts de pomme décorent la cuvette je fonce je suis encore plus en retard je donne une jolie forme à mes cheveux grâce à une cire qui sent bon j’enfile mon manteau à carreaux me saisis de mon parapluie je me parfume je suis prêt, je tiens à distance à l’aide de mon parapluie un péquenot aux cheveux sales attifé comme une merde qui veut me faire signer quelque chose je vois simplement bouger ses lèvres puisque j’écoute ces tantouzes de wham! à fond, les gens comme il faut ne font pas signer des choses dans la rue quelle que soit sa cause de clodo ridicule elle n’est pas mienne et je suis toujours en retard je bombe le torse pour traverser la rue d’un air décidé autant qu’altier c’est le truc pour que les voitures s’arrêtent si tu te comportes comme un prince les gens s’effaceront devant toi car ce sont des gueux congénitaux dis-je souvent à mara. je pénètre oculairement une jolie blonde sur le trottoir je marche encore quelques mètres et je me dis bon sang encore une belle journée qui commence.
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