cologne allemagne
dans le centre-ville la nuit les mains au fond des poches j’assiste à une scène incroyable qui se répète à l’envi une femme armée maîtrise un homme il y a de la lumière partout, des micros poilus un tournage de film c’est donc ça. je prends des photos au beau milieu des badauds car je suis photographe j’immortalise le coup de genou dans le ventre le plaquage au mûr la phrase en allemand maintes fois rabachée jusqu’à ce que l’homme de petite taille dans le fauteuil de metteur en scène semble satisfait il est fort de faire la différence entre les scènes pour moi c’est toujours à chier julie lescaut en boche ou quelque chose dans le genre bref du grand cinéma tu peux toujours essayer de me maîtriser moi pute. devant un magasin de photo j’aborde une fille pour lui demander en anglais si elle sait où je peux boire un verre et elle me répond en français je suis heureux de n’avoir pas glosé sur son cul comme je le fais avec les amis qui m’accompagnent depuis que je suis arrivé, certain que je suis que pas un seul de ces gens ne comprend ma langue funeste erreur le danger est partout la preuve. la fille nous renseigne et ne souhaite pas nous accompagner c’est normal je suis laid et c’est moi qui lui demande je devrais laisser parler mes amis plus souvent mais ils ne savent pas le faire. dans un bar la serveuse est absente du moins pas pour ses grilles de soduku ou une merde dans le genre, la conversation s’anime avec mes amis et porte sur le nom du troisième mage chacun y va de sa suggestion tout en fouillant dans ses souvenirs, nabuchodonosor, mario, jeroboam ou putain mais oui sonic voila c’est sonic le mage méconnu avec sa coupe de cheveux à la con la bière commence à produire ses effets ce n’est pas cher au moment de passer à la caisse à peine onze euros vous y croyez putain à ce prix là c’est ma tournée mes enculés et pendant ce temps le couple le plus laid du monde continue de se regarder dans le blanc des yeux, cologne allemagne commence à me plaire je m’y sens bien les gens sont aimables, gentils, détendus ce n’est pas le bordel comme en france. un bar un autre bar et puis le schnitz le meilleur des bars, avec ses serveuses surtout la rousse qui ne sait pas que pour elle je pourrais être stuart sutcliffe laisse moi être stuart sutcliffe putain connasse non elle ne sait pas que je veux vivre à cologne allemagne le restant de mes jours uniquement pour me marier avec elle le schnitz c’est vraiment quelque chose, je perds un ami de vue je vois une femme rire dehors je pense qu’il lui raconte une blague de toto en allemand das ist toto sur le toit de la kirche mais non tout est normal je le vois un peu plus loin seul en train de fumer la fille qui rit dehors ne rit pas grâce à lui, cologne allemagne ce n’est pas un royaume magique tout de même il ne faut pas trop en demander. puis il faut regagner l’hôtel un peu pourri avec sa moquette dégueulasse mais la douche est propre c’est l’essentiel, je regarde un film de cul comme mes amis dans leur chambre mais l’un d’eux apprend le lendemain à ses dépens que seules les vingt premières minutes étaient gratuites enculés de boches ces mecs-là savent vraiment comment vous piéger je m’endors bourré à cologne allemagne en pensant à mara que je vois dès le lendemain soir ma mara qui n’est ni rousse ni serveuse au schnitz mais qui me manque, mara connaîtra le nom du troisième mage car en fin de soirée titubant dans la rue mes amis et moi en sommes venus à douter du fait qu’il se nomme sonic.

